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©️ Tom Van Ghent / MAS

6 pièces phares de l’exposition

L’exposition Martial Arts réunit plus de 150 objets autour de cinq thèmes. Derrière chaque objet se cache une histoire unique. Nous mettons ici en lumière quelques pièces remarquables : d’un club de lutte emblématique à des stéréotypes brisés, d’un gant de boxe en cuir à une puissante série de peintures de boxe.

©️ Tom Van Ghent / MAS

Drapeau du club de lutte Gerstmans 

Anvers, Belgique, 1919  
Soie
MAS, HH.3228  

Laurent Gerstmans (1885–1955) était un lutteur emblématique. Le « Apollon d’Anvers » devait son surnom à son impressionnante carrure. Il était entraîneur au sein de De Vereenigde Krachtmeters, le premier véritable club de lutte à Anvers, fondé en 1908.

En 1919, Gerstmans quitta le club amateur et fonda son propre club, le Gerstmans Worstelclub. Son objectif devint rapidement de former des lutteurs professionnels. Il posa ainsi les bases de la lutte de spectacle en Belgique, également appelée « catch ».

Pour faire connaître son nouveau club, il imagina un drapeau gigantesque. La figure de gauche ressemble à Gerstmans lui-même. Il tient une couronne de laurier au-dessus de deux jeunes combattants : l’entraîneur transmet le flambeau à la génération suivante de lutteurs.

Après sa carrière sportive, Gerstmans ouvrit le Café Jozef sur la place Astrid, où l’on pratiquait aussi la lutte. Une mosaïque dans le café représente un lutteur avec des anneaux olympiques — une référence à sa participation aux Jeux olympiques de 1912.


©️ Tom Van Ghent / MAS

Le Poète, 2006  
Boxer, 2006  
Fight, 2008  

Sam Dillemans, Anvers, Belgique
Huile sur toile 
Prêt de l'artiste

Pour le peintre Sam Dillemans (né en 1965 à Louvain), la boxe constitue un défi technique. Il a auparavant dessiné d’innombrables parties de corps puissantes en s’inspirant des maîtres anciens tels que Tintoret et Rubens. Pour représenter des corps en mouvement, il s’est concentré sur les boxeurs.
 

Les trois tableaux de l’exposition illustrent les trois étapes de son évolution. Au début, il peint les scènes de boxe telles qu’il s’en souvient. C’est visible dans Le Poète, où un puissant coup du droit est porté. Les corps entraînés des boxeurs sont réalistes, non idéalisés. Dillemans montre à la fois la brutalité et la noblesse de la boxe.

Par la suite, il applique la peinture en couches plus épaisses. Le boxeur dans Boxer est blessé et vulnérable, mais reste déterminé ; la figure demeure reconnaissable. Dans une troisième phase, l’image devient plus abstraite. Les empâtements et les zones non peintes accentuent la dynamique de la boxe. Dans Fight, les corps des boxeurs sont à peine reconnaissables.

Dillemans est originaire de Louvain, mais possède depuis 2016 son atelier et son propre espace d’exposition à Anvers-Nord.
 


©️ Tom Van Ghent / MAS

Épée, type Oakeshott XIV

Probablement saxonne, XIIIe siècle
Fer, acier
MAS, AV.8448
Repêchée dans l’Escaut. Autres données de provenance inconnues. Acquise en 1900

Cette épée médiévale courte, à double tranchant, a été repêchée dans l’Escaut. Vers 1900, elle est entrée dans la collection anversoise.
 

Dans l’exposition, l’arme est présentée dans la sous-thématique « Chevaliers et Samouraïs », consacrée aux sports issus d’une longue culture du combat.

Son origine exacte n’est pas connue, mais ce type d’épée était courant en Europe entre 1270 et 1340. Les pratiquants des arts martiaux historiques européens (HEMA) s’appuient principalement sur des manuels de combat de périodes ultérieures pour leurs armes. Ce type d’épée est donc rarement visible chez les pratiquants de HEMA. Dans l’exposition, vous pouvez l’observer de près.


©️ Tom Van Ghent / MAS

Affiche de théâtre kabuki : Kanadehon chūshingura            

Japon, fin du XIXe siècle
Encre et pigments sur papier
MAS, AE.4710
Legs de Jules Baetes, 1938

Kanadehon chūshingura (« Le Trésor des fidèles serviteurs ») est une version théâtrale romancée d’une histoire vraie bien connue du Japon du XVIIIe siècle. Elle raconte l’histoire de 47 rōnin, des samouraïs sans maître.
 

Après la mort de leur seigneur, les 47 guerriers détournent volontairement l’attention. Ce n’est que lorsque leur ennemi juré s’y attend le moins qu’ils passent à l’acte. Ils se rassemblent finalement au domaine du responsable et tuent l’homme coupable de la mort de leur maître.

Les 47 rōnin sont devenus au Japon un symbole national de loyauté, de persévérance, de sacrifice et d’honneur. Sur l’affiche, ils encerclent leur adversaire, prêts au combat. Cet exemplaire ornait la façade d’un théâtre au Japon avant d’arriver à Anvers. Il relie les arts martiaux au code d’honneur des samouraïs, le bushidō.


©️ Tom Van Ghent / MAS

Gant de boxe de Jack Johnson

G.A. Spalding & Bros., Royaume-Uni, vers 1913
Cuir
Sportimonium, Cabinet Victor Boin, SMVD007179
Don des héritiers de Victor Boin 

L’un des plus grands boxeurs de tous les temps était l’Américain Jack Johnson (1878–1946). En 1908, il devint le premier champion du monde poids lourds noir.
 

Cela ne plut guère aux promoteurs de boxe américains blancs, qui cherchèrent frénétiquement un « Great White Hope » capable de battre le champion noir. La victoire de Johnson sur le boxeur blanc Jim Jeffries en 1910 déclencha des émeutes raciales dans des villes comme Chicago, New York et Atlanta.

Johnson aimait faire la fête et entretenait des relations avec plusieurs femmes blanches, ce qui était tabou pour un homme noir dans les États-Unis ségrégués. Pour de nombreux Afro-Américains, il devint un héros défiant la ségrégation. En 1912, Johnson fut arrêté en vertu du Mann Act pour avoir franchi la frontière entre deux États avec une femme blanche.

Il s’enfuit en Europe. En 1913, il passa par Anvers, où il disputa notamment un match d’exhibition contre le champion belge Georges Grundhoven dans la salle Thalia, rue Carnot. Durant son séjour en Belgique, il offrit un gant de boxe signé au journaliste et sportif Victor Boin. Ce gant est exposé, accompagné d’une photographie agrandie en noir et blanc prise juste avant le début du match.
 


©️ Tom Van Ghent / MAS

La Salle de Gym des Femmes Arabes

Hassan Hajjaj
Maroc et Royaume-Uni, 2011–2016
Tirage C avec cadre métallique
Galerie The Third Line

Dans ‘La Salle de Gym des Femmes Arabes’  l’artiste et photographe maroco-britannique Hassan Hajjaj (né en 1961 à Larache, Maroc) place les femmes au centre.
 

Il remet ainsi en question les représentations de la culture du fitness et des arts martiaux, souvent considérées comme masculines. N’ayant pas accès aux salles de sport féminines en tant qu’homme, il crée cet univers à partir de son imagination, au moyen de mises en scène soigneusement composées.

L’exposition présente deux photographies de la série. Elles montrent la force et l’élégance des athlètes, vêtues de niqabs de créateurs et de chaussures remarquables. En mêlant éléments de tenues traditionnelles et logos sportifs et de marques reconnaissables, Hajjaj casse les stéréotypes. Ses images mettent en valeur la confiance en soi et l’individualité des femmes.

 


Sur l'expo

Martial Arts

    vendredi 3 avril 2026 au dimanche 29 novembre 2026 de 10:00 à 17:00

Une exposition qui vous plonge dans le riche monde des arts martiaux. Anvers a une histoire très riche en matière d'arts martiaux qui évolue encore aujourd'hui avec la ville. En collaboration avec Sporting A, ErfgoedLab s'est plongé dans le monde anversois des arts martiaux et a recueilli de nombreuses histoires personnelles et des objets.

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