
Drapeau du club de lutte Gerstmans
Anvers, Belgique, 1919
Soie
MAS, HH.3228
Laurent Gerstmans (1885–1955) était un lutteur emblématique. Le « Apollon d’Anvers » devait son surnom à son impressionnante carrure. Il était entraîneur au sein de De Vereenigde Krachtmeters, le premier véritable club de lutte à Anvers, fondé en 1908.
En 1919, Gerstmans quitta le club amateur et fonda son propre club, le Gerstmans Worstelclub. Son objectif devint rapidement de former des lutteurs professionnels. Il posa ainsi les bases de la lutte de spectacle en Belgique, également appelée « catch ».
Pour faire connaître son nouveau club, il imagina un drapeau gigantesque. La figure de gauche ressemble à Gerstmans lui-même. Il tient une couronne de laurier au-dessus de deux jeunes combattants : l’entraîneur transmet le flambeau à la génération suivante de lutteurs.
Après sa carrière sportive, Gerstmans ouvrit le Café Jozef sur la place Astrid, où l’on pratiquait aussi la lutte. Une mosaïque dans le café représente un lutteur avec des anneaux olympiques — une référence à sa participation aux Jeux olympiques de 1912.

Le Poète, 2006
Boxer, 2006
Fight, 2008
Sam Dillemans, Anvers, Belgique
Huile sur toile
Prêt de l'artiste
Pour le peintre Sam Dillemans (né en 1965 à Louvain), la boxe constitue un défi technique. Il a auparavant dessiné d’innombrables parties de corps puissantes en s’inspirant des maîtres anciens tels que Tintoret et Rubens. Pour représenter des corps en mouvement, il s’est concentré sur les boxeurs.
Les trois tableaux de l’exposition illustrent les trois étapes de son évolution. Au début, il peint les scènes de boxe telles qu’il s’en souvient. C’est visible dans Le Poète, où un puissant coup du droit est porté. Les corps entraînés des boxeurs sont réalistes, non idéalisés. Dillemans montre à la fois la brutalité et la noblesse de la boxe.
Par la suite, il applique la peinture en couches plus épaisses. Le boxeur dans Boxer est blessé et vulnérable, mais reste déterminé ; la figure demeure reconnaissable. Dans une troisième phase, l’image devient plus abstraite. Les empâtements et les zones non peintes accentuent la dynamique de la boxe. Dans Fight, les corps des boxeurs sont à peine reconnaissables.
Dillemans est originaire de Louvain, mais possède depuis 2016 son atelier et son propre espace d’exposition à Anvers-Nord.

Épée, type Oakeshott XIV
Probablement saxonne, XIIIe siècle
Fer, acier
MAS, AV.8448
Repêchée dans l’Escaut. Autres données de provenance inconnues. Acquise en 1900
Cette épée médiévale courte, à double tranchant, a été repêchée dans l’Escaut. Vers 1900, elle est entrée dans la collection anversoise.
Dans l’exposition, l’arme est présentée dans la sous-thématique « Chevaliers et Samouraïs », consacrée aux sports issus d’une longue culture du combat.
Son origine exacte n’est pas connue, mais ce type d’épée était courant en Europe entre 1270 et 1340. Les pratiquants des arts martiaux historiques européens (HEMA) s’appuient principalement sur des manuels de combat de périodes ultérieures pour leurs armes. Ce type d’épée est donc rarement visible chez les pratiquants de HEMA. Dans l’exposition, vous pouvez l’observer de près.

Affiche de théâtre kabuki : Kanadehon chūshingura
Japon, fin du XIXe siècle
Encre et pigments sur papier
MAS, AE.4710
Legs de Jules Baetes, 1938
Kanadehon chūshingura (« Le Trésor des fidèles serviteurs ») est une version théâtrale romancée d’une histoire vraie bien connue du Japon du XVIIIe siècle. Elle raconte l’histoire de 47 rōnin, des samouraïs sans maître.
Après la mort de leur seigneur, les 47 guerriers détournent volontairement l’attention. Ce n’est que lorsque leur ennemi juré s’y attend le moins qu’ils passent à l’acte. Ils se rassemblent finalement au domaine du responsable et tuent l’homme coupable de la mort de leur maître.
Les 47 rōnin sont devenus au Japon un symbole national de loyauté, de persévérance, de sacrifice et d’honneur. Sur l’affiche, ils encerclent leur adversaire, prêts au combat. Cet exemplaire ornait la façade d’un théâtre au Japon avant d’arriver à Anvers. Il relie les arts martiaux au code d’honneur des samouraïs, le bushidō.

Gant de boxe de Jack Johnson
G.A. Spalding & Bros., Royaume-Uni, vers 1913
Cuir
Sportimonium, Cabinet Victor Boin, SMVD007179
Don des héritiers de Victor Boin
L’un des plus grands boxeurs de tous les temps était l’Américain Jack Johnson (1878–1946). En 1908, il devint le premier champion du monde poids lourds noir.
Cela ne plut guère aux promoteurs de boxe américains blancs, qui cherchèrent frénétiquement un « Great White Hope » capable de battre le champion noir. La victoire de Johnson sur le boxeur blanc Jim Jeffries en 1910 déclencha des émeutes raciales dans des villes comme Chicago, New York et Atlanta.
Johnson aimait faire la fête et entretenait des relations avec plusieurs femmes blanches, ce qui était tabou pour un homme noir dans les États-Unis ségrégués. Pour de nombreux Afro-Américains, il devint un héros défiant la ségrégation. En 1912, Johnson fut arrêté en vertu du Mann Act pour avoir franchi la frontière entre deux États avec une femme blanche.
Il s’enfuit en Europe. En 1913, il passa par Anvers, où il disputa notamment un match d’exhibition contre le champion belge Georges Grundhoven dans la salle Thalia, rue Carnot. Durant son séjour en Belgique, il offrit un gant de boxe signé au journaliste et sportif Victor Boin. Ce gant est exposé, accompagné d’une photographie agrandie en noir et blanc prise juste avant le début du match.

La Salle de Gym des Femmes Arabes
Hassan Hajjaj
Maroc et Royaume-Uni, 2011–2016
Tirage C avec cadre métallique
Galerie The Third Line
Dans ‘La Salle de Gym des Femmes Arabes’ l’artiste et photographe maroco-britannique Hassan Hajjaj (né en 1961 à Larache, Maroc) place les femmes au centre.
Il remet ainsi en question les représentations de la culture du fitness et des arts martiaux, souvent considérées comme masculines. N’ayant pas accès aux salles de sport féminines en tant qu’homme, il crée cet univers à partir de son imagination, au moyen de mises en scène soigneusement composées.
L’exposition présente deux photographies de la série. Elles montrent la force et l’élégance des athlètes, vêtues de niqabs de créateurs et de chaussures remarquables. En mêlant éléments de tenues traditionnelles et logos sportifs et de marques reconnaissables, Hajjaj casse les stéréotypes. Ses images mettent en valeur la confiance en soi et l’individualité des femmes.
