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Canne et pistolet à percussion à broche

Le 29 mars 2026, l’exposition « Colonialisme. Une Suisse impliée » a ouvert ses portes au Château de Prangins (Musée national suisse). Elle explore les liens coloniaux de la Suisse depuis le XVIe siècle. La Suisse ne possédait pas elle-même de colonies, mais elle participait néanmoins au système plus large du commerce des produits coloniaux, à l’exploitation des personnes réduites en esclavage et aux activités missionnaires.

Même après sa fondation en tant qu’État fédéral en 1848, la Suisse a longtemps souffert de difficultés économiques et de pauvreté dans les régions rurales. Dans ce contexte, de nombreux Suisses se sont engagés comme mercenaires dans les armées coloniales européennes. L’un d’eux était Hans Christoffel (canton des Grisons, 1865 – Anvers, 1962), qui s’enrôla en 1886 dans l’Armée royale des Indes néerlandaises. À partir de 1897, il y occupa une fonction d’officier et participa à des opérations au Kalimantan, à Sulawesi, dans le nord de Sumatra et à Flores. Il devint rapidement tristement célèbre pour son style de commandement autoritaire ainsi que pour sa conduite violente et impitoyable. Sous ses ordres, la résistance des populations locales fut souvent réprimée dans le sang.

En 1909, Christoffel épousa Adolphina Van Rijswijck (1881-1960), fille de l’ancien bourgmestre d’Anvers Jan Van Rijswijck (1853-1906). Un an plus tard, il prit sa retraite. En partie grâce à la médiation d’Adolphina, la collection d’objets que Christoffel avait rapportés d’Indonésie entra dans les collections muséales de la ville d’Anvers : d’abord sous forme de prêt (1922), puis définitivement par achat (1958). Il s’agit d’un ensemble d’environ 1 200 objets, parmi lesquels des armes, de l’argenterie et des textiles. Une part importante de ces pièces a été spoliée.

Le MAS développe actuellement un programme de restitution artistique et de recherche autour de cette collection, en collaboration avec des experts indonésiens et internationaux. L’objectif est de partager de manière transparente la collection et son histoire de provenance avec les communautés d’origine, et d’engager un dialogue avec elles. Les contributions, allant de vidéos à des articles, sont publiées sur le site web du MAS.

Prêts

Pour l’exposition au Château de Prangins, le MAS a prêté une canne — fabriquée au Kalimantan par un artisan dayak (dont nous ignorons le nom) et utilisée par Christoffel lui-même — ainsi que son arme de service d’origine européenne.

  • Colonialisme. Une Suisse impliquée est présentée jusqu’au 11 octobre 2026.

Canne
Dayak, Kalimantan, avant 1910 
Bois et bois de cerf
AE.1922.0001.0617  

Pistolet à percussion à broche (pinfire)
Liège, Belgique, env. 1860-1910
Bois et acier
AE.1922.0001.0644 

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